« Au fil des livraisons

Les Carnets d’Eucharis n° 4, 2016

Fenêtres ouvertes sur poésies : un autre nom possible des Carnets d’Eucharis dont Nathalie Riera vient de livrer le 4e numéro. À tous les mots, les pluriels s’imposent tant les échappées sont profuses, les époques diverses, les langues multiples, les voix à découvrir nombreuses. Tout commence ici par un hommage à Charles Racine (1927-1995) « astre à la lumière tremblante » (Alain Fabre Catalan). « La poésie de Charles Racine se situe dans le sillage des écrits qui se destinant à l’errance du temps, jamais assurés d’atteindre quelques rivages, demeurant sans adresse sinon celle de l’égarement » (A. F.-C.). À ce fronton succèdent «18 portraits de poètes». Avec cette bonne et rare nouvelle, les voix féminines l’emportent : Hélène Mohone (C. Chambard), Ingeborg Bachman (M.-C. Masset), Danielle Collobert (B. Machet), Alix Cléo-Roubaud (I. Baladine Howald), Gaspara Stampa (A. Paoli), Sophia de Mello Breyner Andresen (M. Konorski), Margherita Guidacci (A. Paoli), Magarete Steffin (B. Gyr), Hilde Domin (M. Gondicas), Milena Jasenska (M. Magantin). Dans ce cortège, belle compagnie masculine : E.E. Cummings (J. Estager), D.H. Lawrence (A. Dufraisse), Erri de Luca (C. Zittoun), Pierre Le Pillouër (P. Dao), Lorand Gaspar (S. Péglion)… Suivant tous ces portraits, la poésie ne retient pas son souffle, la revoici dans la rubrique « Au pas du lavoir » (Luis Mizon, Claude Minière…). Enfin, elle rebondit, polyglotte (flamand, hollandais, italien, anglais, allemand) dans la rubrique «Traductions ».

On aura égaré en route bien d’autres propositions de la revue au fil de ses 248 pages (les cinéastes Mya Deren, Pip Chodorev, ou encore Jacques Sicard – sa poésie du cinéma : «l’œil ne vit que de larmes. Il les secrète et il les vole » – et Jean Hélion) pour suivre la piste de la poésie, capiteuse et nue : «on a bu tout le ciel/mais la soif est toujours là/elle est intacte/on veut ce que le vin/ne parvient pas à retenir//bientôt la nuit/le sable froid/la danse des pins dans la pénombre », Jean-Luc Sarré (un portrait de Tristan Hordé).

Coordonnées de la revue

André Chabin


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