« Au fil des livraisons

Hommes et migrations, n° 1307

La revue Hommes et Migrations, désormais publiée par le Musée de l’histoire de l’immigration consacre un numéro à l’Afrique dans la mondialisation. Le dossier se concentre principalement sur l’impact de la globalisation sur la mobilité des étudiants. Riche d’une douzaine d’articles très bien informés, œuvres de jeunes chercheurs pour la plupart doctorants, le dossier coordonné par Hamidou Dia propose de « reposer sur la base de nouveaux travaux empiriques la question du lien des étudiants ayant fini leur cursus avec leur pays d’origine ». C’est ainsi le visage des futures élites africaines au sens large que ce numéro cherche à analyser. Mohamadou Sall présente ainsi le « quartier latin sénégalais » qui, malgré une situation difficile et de nombreuses grèves, demeure une « destination stratégique et attractive ». Bakary Doucouré décrit de son côté le véritable « parcours du combattant » que représente souvent l’insertion des jeunes docteurs au Sénégal (méditer cet exemple ne serait d’ailleurs pas inutile sous d’autres latitudes). Parmi d’autres études comme celle de Christelle Fifaten-Hounsou sur les migrations de professionnels de santé ouest-africains en France ou celle de Kaies Samet sur le phénomène de fuite des cerveaux en Tunisie, il faut signaler l’enquête approfondie et instructive de Luc Ngwé sur les mobilités internationales des étudiants camerounais à l’heure de la globalisation. Depuis vingt ans, la privatisation du supérieur, le manque de moyens de l’État et une fonction publique peu attractive ont fait de la mobilité un véritable « horizon de vie ».

Dans la suite du numéro, signalons la rubrique « repérage » qui étudie la question kurde et l’article de Marie Caquel présentant le fonds du photographe Krikor Djololian Arax. Celui-ci offre un précieux témoignage sur la diaspora arménienne des années 1920 et 1930.

Ce numéro utile pour comprendre les dynamiques à l’œuvre sur le continent africain incitera sans doute ses lecteurs à se rendre Porte dorée, au Musée de l’histoire de l’immigration qui vient enfin d’être inauguré, sept années après son ouverture. La revue accompagne parfaitement le projet de cette institution dont le président du Conseil d’orientation, Benjamin Stora, présente les enjeux dans un entretien stimulant.

François Bordes


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