
Les Amis d’Octave Mirbeau, association présidée et toujours animée avec constance et passion par Pierre Michel, vient de publier le n° 7 de sa revue. La première caractéristique de celle-ci, au rebours d’une tendance assez forte de l’édition contemporaine, est de privilégier résolument la forme papier. La revue est pensée et fabriquée avec un dialogue fréquent entre le texte et une documentation en couleurs. Au sommaire de cette livraison les illustrateurs Philippe Barbier, Jacques Cauda, Antoine Juliens, Daria Matakievitch, Corinne Taunay et Eloi Valat comptent au moins autant que les divers auteurs, le cumul étant possible comme le démontrent Antoine Juliens avec « Une visite chez Octave Mirbeau et Claude Monet » ou Corinne Taunay avec « Le Panthéon d’Octave Mirbeau ».
Les études réunissent des contributions venues de multiples horizons. L’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu intervient sur « La littérature au service de la dénonciation des violences sexuelles infligées aux enfants ». Les littéraires Antigone Samiou (Ioánnina, Grèce), Meamar Tirenifi (Mostaganem, Algérie) et Fathi Adil (Safi, Maroc) s’intéressent à des questions très diverses : la première compare la représentation de la maladie dans L’abbé Jules de Mirbeau et Ivan Ilitch de Tolstoï alors que la deuxième analyse les manipulations des formes discursives reliées à la subversion sociale dans le Journal d’une femme de chambre. Le troisième chercheur étudie le style de la langue parlée dans Les 21 jours d’un neurasthénique. Samuel Thévoz (Lausanne, Suisse) s’interroge sur relations entre bouddhisme et littérature, tandis que le germaniste et philosophe Marc Kauffmann confronte Mirbeau avec Jules Renard et Léon Blum. De son côté, Patrick Bougeard revisite le parcours de la fameuse 628-E8, une Charron, et investigue sur le couple formé par Mirbeau et son mécanicien Brossette dans la narration très politique de l’œuvre. Spécialiste de la littérature finiséculaire, Ian Geay réfléchit pour sa part aux dessous du Dessous de Rachilde et examine les effets contrastés de l’embrènement de la vallée de la Seine dénoncé par Mirbeau. Travaillant à une thèse sur le théâtre libertaire, Camille Mayer Meral (Paris 8 Vincennes/Saint-Denis) fait le point sur la dimension éducative du théâtre mirbellien chez les compagnons de l’Anarchie. Enfin, un important ensemble de documents, témoignages, comptes rendus, notes de lecture et échos divers conclut ce volume annuel, assez exceptionnel par son originalité tant de style que de fond dans le paysage général des études littéraires.
Association Les Amis d’Octave Mirbeau, 10 bis, rue André Gautier, F-49000 Angers
Octave Mirbeau – Études et actualités n° 7 , 2026, 26 €. Éditions du Petit Pavé, BP 17, Brissac-Quincé, F-49320 Saint-Jean-des-Meuvrets.