« Au fil des livraisons

Sarrazine n° 18 : « Suis-moi »

Ce qu’on aime d’une revue, c’est qu’elle nous convie sur cent chemins différents, à nos pas plus ou moins aisés, sentiers caillouteux, allées ombrées, voies (voix) escarpées, dans l’inconfort stimulant de la découverte, au cœur, aux corps de buissons de mots qui nous piquent. « Suis-moi » nous dit-elle, nous dit Sarrazine sur le seuil de son numéro 18. Invitation caressante ? Injonction tapie sous l’impératif ? On verra si on se laisse conduire…Quelle main choisir ? A quelle voix répondre? Werner Lambersy nous prévient : « Suis-moi/dit le poème/je ne promets rien ». Chœur de femmes: Édith Azam (« Suis-moi pour me faire taire! »), Pascale Auger (« viens que je te mette entre mes cuisses/au balcon de mon ventre, je t’arborerai […] »), les pulsations – en majeure, en mineure – de douleurs tendues dans les « Scènes d’intérieur » de Sylvia Marzocchi, la tendre petite cantate de Chantal Chawaf, la forêt de bambous forme de quête intérieure de Jacqueline Merville, la sensualité aux aguets de Laurence Werner David, la « poésie pour voix » de Laure Gauthier (« Quand tu me parles je désire ton être en son son ton être samson fragile dans ton corps solide. »)

Quand on aura cheminé avec Sarrazine parmi toutes ces voix de femmes – celle encore de Joséphine Bacon, poète innue, interrogée par Paul de Brancion, le directeur de la revue qui propose également un long entretien avec Souytin Naud qui évoque les années sanglantes de son Cambodge –  on reviendra se mettre dans le pas des hommes : Mathieu Coutisse, Bruno Normand, Giacomo Sartori

Mais avant de quitter les lieux, il faudra prendre le temps de suivre Philippe Guesdon qui déploie un dense ensemble d’œuvres « Architecture d’Assise » inspirée du cycle d’Assise de Giotto et on s’étonnera du photo-roman de Marco Decorladia : où comment une crevette surgelée remet en cause le classification canonique des maladies psychiatriques…

« Suivez-nous », propose Paul de Brancion dans l’adresse aux lecteurs qui ouvre le numéro : très volontiers !

Marc Norget

 

Coordonnées de la revue


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