Jean Prévost, Passage en revues

par Emmanuel Bluteau
2014, in La Revue des revues n° 51

À l’occasion du 70e anniversaire de la mort du résistant Jean Prévost, disparu dans le Vercors, il est urgent de reconsidérer l’écrivain et le journaliste. Avec trente livres parus en vingt ans et plus d’un millier d’articles, le normalien Prévost est omniprésent dans la vie intellectuelle de l’entre-deux-guerres. Il prête sa plume et son talent aux périodiques afin gagner sa vie et en fait son métier. Et investit pour cela le monde des revues. Il effectue ses premiers pas à La NRF dès 1924 et devient un auteur Gallimard. À l’époque où Paris est une fête, le secrétaire de rédaction de l’éphémère Navire d’argent (1925-26) publie Saint-Exupéry pour la première fois et façonne des sommaires éblouissants avec Adrienne Monnier. 1926-28 : recruté pour « muscler » la revue, il attire à Europe les auteurs de sa génération avant de se détourner de ce journalisme pour lettrés au début des années 30 au profit de titres plus « grand public ». Après sa thèse sur La Création chez Stendhal en 1942, il écrit dans Confluences. Il en dirige un numéro spécial de 400 pages « Problèmes du roman » qui réunit les plus grands noms de la littérature française.

 

To commemorate the 70th anniversary of the death of the resistant Jean Prévost, who died in the Vercors, there is some urgency in reconsidering the writer and the journalist. With thirty books published within a span of twenty years and over one thousand columns, the former pupil of the École Normale is omnipresent in the intellectual live of the interwar years. He devoted his pen and his talent to periodicals to make a living and made this his main occupation. To this end he invested the world of reviews. He made his beginnings at the NRF as early as 1924 and became an author for Gallimard. In a time when Paris was a feast, the chief redactor of the  short lived Navire d’argent (1925-26) published Saint-Exupéry for the first time and contrived stunning summaries with Adrienne Monnier. 1926-28 : hired to “give muscle” to the review, he attracted the authors of his generation to Europe before turning away from this kind of journalism intended for highly educated readers in the early 1930s in favour of more “large public” titles. Following his thesis on La Création chez Stendhal in 1942, he wrote in Confluences. He was the editor of a 400-pages special issue of this review, “Problèmes du roman [Issues of Novel Writing]”, with contributions by the greatest authors in French literature.

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