Les deux premières revues homosexuelles de langue française

Akademos (1909) et Inversions/L’Amitié (1924-1925)

par Mirande Lucien
2014, in La Revue des revues n° 51

Akademos et Inversions prolongée sous le titre L’Amitié sont les deux premières revues homosexuelles en langue française. Conçus et dirigés par le baron Jacques d’Adelswärd-Fersen dans le but de réhabiliter « l’Autre Amour », douze numéros d’Akademos paraissent en 1909. Cinq numéros d’Inversions/L’Amitié en 1924 et 1925 : voilà l’œuvre de modestes provinciaux, Beyria, employé de bureau, Lestrade, employé des postes, Adolphe Zahnd, tapissier… Akademos meurt faute d’abonnés, tandis qu’Inversions est stoppée par une condamnation judiciaire. Les invertis de l’entre-deux-guerres ont appris à revendiquer le droit d’exister fièrement. Inversions veut les conforter et regrouper ceux qui souffrent de solitude. Alors que loi ne prévoit pas de sanction pour ce genre de publication, les bien-pensants obtiennent la condamnation d’Inversions pour pousser la jurisprudence à introduire plus de sévérité dans les affaires de ce genre.

 

Akademos et Inversions prolonged under L’Amitié [the friendship] are the first two homosexual reviews in French language. Initiated and edited by Baron Jacques d’Adelswärd-Fersen, with the view to rehabilitate “the Other Love”, twelve numbers of Akademos appear in 1909. Five numbers of Inversions/L’Amitié in 1924 and 1925 : that’s the work of modest province people, Beyria, an office worker, Lestrade, a postoffice agent, Adolphe Zahnd, an upholsterer… Akademos disappears because of lack of subscriptions, while Inversions is stopped by a legal sentence. The Post-War-I homosexuals have learned to vindicate the right to exist proudly. Inversions’ aim is to comfort them and to regroup those who suffer from loneliness. Whereas the law envisages no sanction for this kind of publications, the “well-thinkers” manage to get Inversions condemned so as to make the law more severe in such affairs.

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