
Guy Dugas, grand spécialiste du poète Jean Sénac dont il a récemment publié Un cri que le soleil dévore. Carnets, notes et réflexions, 1942-1973, livre dans la revue en ligne Continents manuscrits, le fruit de sa récente découverte : le sommaire du numéro 2 ou plus exactement des deux sommaires successifs de la revue Terrasses créée par l’auteur de Citoyens de beauté, numéro condamné à rester un fantôme.
Guy Dugas restitue et étudie la genèse et les différentes moutures de cette livraison à tout jamais invisible et les raisons de son échec malgré la ténacité de son concepteur et les espoirs des amis-lecteurs.
À compter de la sortie du numéro 1 paru en avril 1953 (lire l’article de Hamid Nacer-Khodja dans le numéro 37 de La Revue des revues), ce sont trois années d’élaboration, de repentirs, d’ajustements pour cette livraison promise qui souhaitait mêler les voix des écrivains maghrébins émergents – Albert Memmi, Mouloud Mammeri… – à celles d’auteurs rencontrés en diverses circonstances – Francis Ponge, Jean Cayrol, Louis Guilloux, Emmanuel Roblès, François Mauriac, René Char…
Trois années qui seront restées vaines : une situation politique de plus en plus tendue, attisée par le militantisme tranchant de Sénac, des querelles de chapelle, couronnées par la difficulté de trouver un éditeur dresseront autant d’obstacles à la parution de ce numéro dont Guy Dugas analyse et met en perspective les volumineux jeux d’épreuves à la Bibliothèque de l’Alcazar de Marseille qui conserve le fonds Sénac.
