Maurras et les revues

 

Olivier Dard, désormais professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris IV, étudie la formation et les avatars du magistère politique et intellectuel acquis par Charles Maurras (1868-1952) sous une République pourtant si détestée. Le rôle des revues est incontournable : le lecteur pense d’abord à la « petite revue grise », la Revue de l’Action française fondée en juillet 1899 dont est issu le quotidien lancé en mars 1908. La Revue universelle (1920-1944) dirigée par Jacques Bainville et Henri Massis est longuement analysée ainsi que la Revue critique des idées et des livres (1908-1924) de Jean Rivain qui l’avait en quelque sorte précédée.

 

Mais dès le départ le bachelier Maurras conquiert alors qu’il n’a pas vingt ans une place de critique reconnu grâce à une insertion réussie dans diverses revues liées au monde catholique ou conservateur : les Annales de philosophie chrétienne de l’abbé Guieu, le Polybiblion et La Réforme sociale animées par Alexis Delaire notamment. Et sur la fin, le maurrassisme évincé des premiers rangs de la vie politique par la Libération survit et entretient les braises de son influence par diverses petites revues, souvent rivales et parfois interrompues, mais toujours renaissantes (La Nation française, Itinéraires, Réaction, Les Épées…).

 

Gilles Candar

 

Olivier Dard, Charles Maurras, Paris : Armand Colin, « Nouvelles biographies historiques », 2014, 352 p.