Aden n° 16 : « De Cayenne au Quai des brumes »

Elle aurait pu se parer du « pourpre des assises ou l’écarlate des lames » (p. 9) mais non, ce serait trop simple.

 

Cette nouvelle livraison de Aden. Paul Nizan et les années 30 se couvre d’un vert éteint tendant vers le glauque des bas-fonds, pour ce seizième numéro au titre voyageur : « De Cayenne au Quai des brumes ». Mais ces voyages sont souvent sans retour, sont des fuites plutôt que des randonnées. Le thème en est le crime, le crime vu par la presse et la littérature, le crime relaté, commenté. Jugé ou imaginé.

 

 

Les années trente sont une période où le fait divers et le crime occupent une large place dans la presse.

 

Alors, voyage ou exotisme, il sera question de Chicago et des mafias américaines, de parallèles avec la pègre française, de rappel de l’Okhrana russe. Il y aura les faits divers exemplaires, chapitre « Cas d’école » avec ceux de Violette Nozières et d’Arthur Koestler. Il faut rappeler que Détective est lancé en 1928 par Joseph et Georges Kessel, aidés de Gaston Gallimard, et réunit bien des talents littéraires et journalistiques (p. 121).

 

Du côté de la littérature, la collection « Le Masque » est créée en 1927, qui publie Agatha Christie, et accueille à partir de 1930 le commissaire Maigret.

 

Aden évoque Victor Hugo (à propos de l’adaptation des Misérables du réalisateur américain Richard Boleslawski en 1933), Pierre Mac Orlan pour Quai des Brumes – la silhouette de Max Jacob apparaît à propos de la création de ce titre –, les surréalistes fascinés pas seulement par les cadavres exquis…

 

La revue est scandée d’images provenant du Centre d’histoire du travail de Nantes, prétextes de la part de Xavier Nerrière qui y travaille entre autres à l’iconothèque, et contribue à un cycle de cinéma annuel, à des synopsis à partir de photographies anciennes ou pas.

 

Il est beaucoup question de la presse comme miroir de la société. Les reproductions lui font une large place. Mais les revues ne sont pas en reste.

 

Dans la seconde partie, Aden republie en 32 pages un article de Bernard Besnier paru à l’origine dans Atoll no 1, 1967-1968, sur les rapports de Paul Nizan et la philosophie. Les numéros du Bulletin de la jeune peinture de mai et juin 1969 résonnent, non en commémoration de 1968, mais pour la réception des Chiens de garde.

 

Et les lectures foisonnantes font une place aux Cahiers Benjamin Péret et à Plaisirs de mémoire et d’avenir. Comment ? Vous ne connaissez pas André Beucler ? Et bien venez au prochain Salon de la revue pour vous y procurer ces Plaisirs, mais aussi pour Benjamin Péret, et surtout pour Paul Nizan et Aden.