Présence des Apaches

par François Albera
2021, in La Revue des revues n° 66

À une période où nombre de revues disparaissent et notamment les revues de cinéma – dont l’audience a fortement décru depuis quelques décennies –, la naissance d’un nouveau titre fait événement. La revue Apaches dans son premier numéro se place sous l’égide d’un auteur de film, Fritz Lang, et d’un courant critique des années 1950-1960, le mac-mahonisme qui l’avait érigé avec un nombre restreint d’autres cinéastes (Losey, Preminger, Walsh, Cottafavi, Freda) en modèles. Quel lien peuvent avoir de jeunes critiques, soucieux de se « faire une place », avec une démarche très inscrite dans une histoire des cinéphilies de l’après-Deuxième Guerre mondiale en France tant aux plans des choix esthétiques qu’idéologiques. C’est l’occasion d’évoquer Présence du cinéma qui servit de « tribune » aux mac-mahoniens, et le contexte dans lequel elle voit le jour. La définition de la fonction critique, du positionnement de la critique est alors au centre des réflexions de ses protagonistes. Le numéro 126 des Cahiers du cinéma (décembre 1961) se consacrait entièrement à la question avec table ronde, textes programmatiques et enquêtes auprès de dizaines de critiques – à l’exception des animateurs de Présence du cinéma. Refusèrent-ils l’exercice ou en furent-ils écartés ?

 

Presence of the Apaches

At a time when several magazines were disappearing, especially cinema magazines – whose audiences had fallen sharply in preceding decades – the birth of a new title was an event. In its first issue, the Apaches review was placed under the aegis of a film author, Fritz Lang, and a critical current of the 1950s and 1960s, the Mac-Mahonism which had erected it with a limited number of other filmmakers (Losey, Preminger, Walsh, Cottafavi, Freda) as models. As they were anxious to “find a place for themselves”, what connection could young critics have with an approach that was deeply rooted in the history of post-WWII cinephiles in France, both in terms of aesthetic and ideological choices? This is an opportunity to discuss Présence du cinéma, which served as a “platform” for Mac-Mahonians, and the context in which it was born. The definition of the critical function, of the positioning of criticism was then at the centre of the reflections of its protagonists. Issue 126 of Cahiers du Cinéma (December 1961) was entirely devoted to this question with a roundtable, programmatic texts and surveys of dozens of critics – with the exception of the animators of Présence du cinéma. Did they refuse the exercise or were they excluded from it?

 

 


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