« Sur les revues

Bernard Pingaud (1923-2020)

Romancier, homme de convictions et d’engagement, Bernard Pingaud, mort le 25 février, fut également le passager et parfois un acteur notable de nombre de revues. Sur cet aspect de son activité, Alain Paire l’avait interrogé pour La Revue des revues (n°32). Un riche entretien en forme de biographie intellectuelle où l’on découvre le lecteur précoce de revues ( La Revue hebdomadaire), où se lit son itinéraire idéologique singulier ( de Je suis partout ou Les Cahiers français aux Lettres Nouvelles en passant par La Table ronde —il fut proche de Roland Laudenbach…). Collaborateur d’Esprit dans les années cinquante, il s’ancre plus durablement aux Lettres nouvelles dont il rejoint le comité de réaction et suivra Maurice Nadeau quand celles-ci s’effaceront pour faire naître La Quinzaine Littéraire. La guerre d’Algérie signe le basculement politique définitif de l’auteur de L’Amour triste  qui entre aux Temps modernes avant d’en démissionner de concert avec J.-B. Pontalis en mai 1970. Sans doute la revue L’Arc serait-elle aujourd’hui bien oubliée comme tant de « petites revues », s’il n’y avait eu, pour la ressusciter, les superbes numéros thématiques ( Lévi-Strauss, Barthes, Bachelard, Char, Xenakis, Lacan, La Crise dans les têtes…) que chacun garde en mémoire. N’oublions pas que Bernard Pingaud en fut, aux cotés de Catherine Clément et avec quelques autres, l’artisan pendant une quinzaine d’années : « mon seul terrain fixe ».

 

«  Les comités de réaction sont des lieux conviviaux où l’on se frotte aux autres, à leurs idées, à leurs personnes. C’est un bon moyen d’échapper à l’égocentrisme qui guette tous les créateurs. »

 

Ainsi, doublé d’une vie de militant socialiste, au long de ce riche parcours en revues (on aurait pu citer Preuves ou Les Cahiers du Cinéma) et autres périodiques (journaux, magazines), le créateur Bernard Pingaud n’eut de cesse de mettre à l’épreuve son égocentrisme.

 

 

À lire : un entretien entre Bernard Pingaud & Alain Paire paru dans le 32e numéro

de La Revue des revues en 2002.

 

 

un numéro des Temps modernes dirigé par Bernard Pingaud

 

 

 


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