Quartette #31

Salon de la revue 2026 © Ent’revues/Lou-Andrea Gachot Coniglio/STUDIO MICHEL

 

 

Anniversaires aux Blancs-Manteaux – Il y en eut des anniversaires à l’occasion du 36e Salon de la revue ! Des 150 ans de la Revue de belles Lettres au cinquantième numéro de L’Ours Blanc, des quarante ans d’Ent’revues aux vingt ans de Sens-Dessous, on souffla bien des bougies avec, malgré le contexte général, toujours la même allégresse et la même force de conviction.

 

 

L’Esprit de Václav Havel – En proposant, le 23 octobre prochain au Festival Czech-In, une rencontre autour de l’œuvre de Václav Havel, la revue Esprit réveille le souvenir d’un temps qui paraît bien éloigné du nôtre. Havel, la révolution de velours, la chute du mur de Berlin, la fin de l’apartheid… Fondé en 2009, le Festival Czech-In consacre son édition 2026 au dissident devenu président de la Tchécoslovaquie puis de la République tchèque.

 

 

Dès son mémorable numéro de février 1968 sur « L’Autre Europe », Esprit était entrée en contact avec le dramaturge (son nom apparaît dans les archives du numéro conservées à l’Imec). Par la suite, elle le publia et lui consacra des articles. Il aurait eu 90 ans cette année. Parallèlement à la rétrospective, la revue organise une table ronde qui reviendra sur l’itinéraire de Havel, de la dissidence à la présidence, et sur la portée contemporaine de ses textes : que nous disent-ils, trente ans après la chute du mur de Berlin, de la démocratie, de la liberté et de la responsabilité politique ?

 

Comment son expérience et sa vision de l’Europe peuvent-elles éclairer les bouleversements que traverse aujourd’hui le continent ?Jacques Rupnik, Lenka Hornáková Civade et Olivier Mongin s’entretiendront avec Emmanuel Laurentin, journaliste et conseiller de la rédaction d’Esprit.

 

 

La républicature – Les Cahiers Jaurès invitent à prendre un peu de distance et à s’extraire des torrents de political slop et de shitstorm qui inondent les réseaux antisociaux. Comment ? En revenant sur un moment de la culture satirique française et la vieille tradition de caricature politique, ce que Bertrand Tillier a nommé la républicature. Le dossier coordonné par Yann Sambuis se concentre sur la caricature des gauches françaises au pouvoir de 1920 à 1930. Du Cartel des gauches au Front populaire, dix années d’intenses attaques contre la gauche de gouvernement contre laquelle se déchaînent la droite et l’extrême droite qui dominent alors la presse d’opinion. En effet, face aux 260 000 exemplaires de Vendredi, Regards et Marianne, la presse de gauche fait pâle figure face à la presse nationaliste qui, avec Candide, Gringoire et Je suis partout, tire à 1,215 million d’exemplaires. De quoi occuper le terrain des images et des haines.

 

 

Federico García Lorca. Huerta de San Vicente, Grenade © CC-BY0/Domaine public

L’aura Lorca – Cet été, à Barcelone, des hélicoptères ont lâché sur la ville des milliers de poèmes en hommage aux victimes de la guerre civile. Quelques mois auparavant, Miguel Poveda, un cantaor de Flamenco, annonçait avoir découvert des vers inédits du poète, rapidement dénoncés comme apocryphes…

 

Quatre-vingt-dix ans après son assassinat par les franquistes, le souvenir de Federico García Lorca (1898-1936) est plus vivace que jamais. Les réseaux sociaux frémissent à son nom : ses portraits circulent partout, on le cite, on le chante, on le lit, on le joue, on l’adapte. Les Cahiers du festival arte flamenco ne pouvaient naturellement pas laisser passer une telle occasion. Leur deuxième livraison s’intitule « Lorca, une jeunesse » et revient sur le concours de Cante jondo de Grenade de 1922.

 

L’étoile du poète andalou brille de tous ses feux : « Lorca habite tous les espaces. Lorca c’est comme Dieu. Lorca est partout » déclare le danseur Manuel Linán. Georges Didi-Huberman auteur d’un merveilleux ouvrage sur Israel Galván. et d’une exposition inspirée par l’auteur du Romancero gitano confie quelques réflexions entre « Compas et compasion », extraits d’une conférence donnée en espagnol à Grenade en juin 2025. Son hommage aux flamencos, ces « “êtres critiques” par excellence » mérite d’être méditée : « Ce sont des agités et des obstinés en même temps. Ils entendent férocement tenir leur propre rythme. Ils ne séparent pas leur art et leur art de vivre. »

 

François Bordes

 

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